La Croix du Nivolet
14 juin 2026Le Tour du Thabor
Le tour du Thabor
Lundi 10 au jeudi 13 Août 2026
JPP, Cécile, Anne, Marie-Laure, Marie-Pierre, Catherine, Martine, Yvon et Charles
Lundi 10 août : Valmeinier – Refuge de Terre Rouge -D+ 450 m – 6 km
« En montagne, le plus dur c’est de commencer, le plus beau c’est de continuer » Tout commence par un début. Si j’ai l’honneur de le narrer cela n’a tenu qu’à la taille d’une paille. En ce premier jour nous sommes 9 à Valmeinier à soupeser nos sacs bien chargés. Ne met-on pas toutes nos craintes dans nos sacs et 4 jours de marche en haute montagne cela en fait des doutes. Direction sud, le refuge de Terre-Rouge éponyme de la pointe de même nom. Le sentier (une piste de ski) descend jusqu’aux Chenalettes. Ça papote, l’insouciante du début. Ensuite le chemin serpente rive droite de la Neuvache. Nous croisons quelques randonneurs venus prendre le frais en ces temps de canicule. Nouveau dans le groupe je dois prendre mes marques. Nous passons au-dessus de la tourbière sous le Pré Sapey. Une barre rocheuse contournée par la gauche nous cache le refuge. 2h30 de marche et déjà l’altitude 2169 mètres. Un carrefour et ses 4 chemins et voici le refuge sur notre droite. Construit sur un ancien chalet d’alpage, fait de pierres « couleurs montagne » il en jette. Douches, collations, discussions autour d’une carte IGN en terrasse avant un bon repas et une bonne nuit. Ainsi s’achève le premier jour et mon récit non IA. Je laisse la main à la deuxième paille pour la suite.
Charles
Mardi 11 août : Refuge de Terre Rouge – Mont Thabor – Refuge Terzo Alpini – D+1000 m – D-1300 m -13 km
Nous quittons le refuge de Terre Rouge à 7 h 45 après un kofé et autres boissons alternatives modernes. Très vite, notre environnement devient très minéral, seuls de gros bouquets de chardons dorés poussent sur les cailloux. Nous repérons le mont Thabor et le pic du Thabor, un peu plus haut, sur sa gauche. Nous cherchons aussi le col de Névache, notre passage de retour dans la vallée dont le sentier ne figure pas sur la carte et vu de dessous ça n’est pas très rassurant ! Jean-Pierre suit tranquillement les balises jaunes et vertes mais les adeptes des applis font remarquer qu’on s’éloigne de la trace. Pour cause, l’ancien sentier plus à gauche a disparu sous un éboulis noir. La montée au col de la Chapelle est raide et difficile et les plus éprouvées préfèrent attendre là ceux qui décident de monter au sommet, un peu plus de 100 m encore mais sans les sacs à dos. Le mont Thabor à 3179 m est une étonnante grosse motte ronde de terre ocre qui rappelle des paysages africains. La chapelle juste sous le sommet qui sert de repère depuis toute la Vallée Étroite est cerclée de trois grosses sangles et menace les randonneurs de sa ruine imminente, ses fondations ayant glissé dans la pente. Pas de budget pour reconstruire, pas non plus pour démolir ? Après un bon pique-nique au col, tout le groupe amorce la descente vers le refuge Terzo Alpini proche d’un hameau d’anciennes granges, cible que nous apercevions déjà depuis le sommet, 1400 m plus bas. Sortant des cailloux, nous sommes contents de retrouver un peu d’alpages encore bien verts mais la descente est encore longue, un peu trop même puisque la dernière demi-heure se fait sous une pluie abondante, pas vraiment l’orage sec que prévoyait la météo ! C’est bien trempés que nous arrivons au refuge mais une bonne douche, l’apéro quotidien et le vin d’orange offert avec le repas redonneront un bon sourire à toute l’équipe. Cuisine et équipe sont italiennes dans ce refuge dont le hameau français est attaché à la commune de Névache accessible par le col de l’Échelle mais dont la vallée débouche directement sur Bardonecchia.
Yvon
Mercredi 12 août : Refuge Terzo Alpini – col des Muandes – Refuge des Drayères – D+ 1100 m – D- 670 m – 14 km
Ce matin, une petite agitation dans le refuge pour retrouver les affaires éparpillées mises à sécher durant la nuit mais qui ne perturbe aucunement l’heure habituelle du départ. Le temps est ensoleillé et les reliefs bien dessinés. Nous partons d’un bon pas sur le même chemin qu’hier direction « la Maison des Chamois » centre de retraite ou de pèlerinage religieux italien. Le terrain est très humide mais nous apprécions la fraicheur du matin. Bientôt, nous croisons un couple à l’affût devant nous, que guettent-ils ? Apparemment, ils viennent de surprendre 2 loups en vadrouille et donc tentent de les suivre aux jumelles. Arrivés au Prat du Plan, le sentier n’est plus tracé et nous naviguons à travers les marécages pour bientôt retrouver une petite sente qui longe une série de lacs, le paysage est bucolique et des parois rocheuses se dressent devant nous comme des cathédrales, c’est vraiment magnifique. Nous regagnons le GR57 bien balisé et progressons lentement jusqu’au col des Muandes, 2828 m. Le départ est raide et impressionnant dans le pierrier et nous devons mettre les mains ou le derrière à certains endroits pour éviter la glissade. Arrivés au col des Muandes, nous repérons un lac pour casser la croute à l’abri du vent, la sieste est de courte durée car il reste encore de la longueur, le ciel est menaçant et nous aimerions bien éviter l’averse prévue encore aujourd’hui. Les lacs s’enchaînent toujours plus beaux, de formes différentes et jonchées de linaigrettes ce qui leur donne un charme particulier. Le refuge des Drayères est bientôt en vue et nous y arrivons vers 14 h 30, la terrasse est noire de monde. Les couchages sont organisés, les douches programmées (3€ la douche pour 1min !) et nous pouvons nous attabler pour la bière traditionnelle et tenter de refaire le monde ! Ce soir, il y a l’éclipse ! La voir ici semble peu probable mais on est équipé et on attend, c’est 20 h 30…On verra juste un assombrissement, quelques rayons furtifs éclairent des petites parois et déjà une faible lumière revient mais pas pour longtemps…
Martine
Jeudi 13 août : Refuge des Drayères – Valmeinier – D+ 700m – D- 1100 m – 15 km
Nous allions s’attaquer à 7 h 30 précises comme les jours précédents (soyons honnêtes à un quart d’heure près) quand il fut décidé de tirer à la courte paille la répartition de compte-rendu ! On démarre plein d’enthousiasme jusqu’à la bifurcation non tracée sur la carte repérée par JPP et validée à quelques mètres près par Yvon pour viser le col de Névache. Petite pause ou un patou se prend d’affection pour Marie-Pierre et une longue pause au lac de la Madeleine avec sa vue sur les glaciers de la Meije, du Pelvoux et de la barre des Ecrins. Nous sommes tous d’accord pour ne pas nous presser car la journée s’annonce moins longue que les autres et nous ne sommes pas pressés de quitter ces montagnes. Arrivés au col à 11 h et redescente finalement moins impressionnante (à part un tout petit passage) que prévue et surtout que vue du bas, au lac où l’on se pose pour pic niquer. S’en suit une magnifique descente sur le refuge de Terre Rouge avec une succession de lacs tous plus beaux les uns que les autres, décorés de moult linaigrettes. Enfin nous attaquons ce qui devait être la dernière légère droite toute simple… mais le chemin indiqué sur le GPS du chef n’étant pas visible à l’œil nu… qu’à cela ne tienne… il faut tenter… jusqu’à ce qu’il faille se résoudre à improviser à travers champs et ruines de bergeries. Chaleur et fatigue aidant, Yvon “nous fait” un malaise vagal. Plus de peur que de mal… il revient vite à lui, nous allégeons son sac à dos bien chargé et il repart courageusement. Charles repère que nous pouvons piquer vers le bas pour rejoindre le bon chemin au bord du ruisseau. Finalement nous voilà aux voitures après une journée de 9h tout de même !!!!
Catherine
Liens pour les photos : https://photos.app.goo.gl/WB8fDb9H5uQ7T3EP8


